Boulevard Saint Germain : une artère principale de Paris

(Publié le 12 juillet 2020) (Mis à jour le: 12 juillet 2020)

Paris regorge de nombreux monuments, musées et sites à voir. Parmi les lieux phares à ne pas manquer, il y a le Boulevard Sant Germain. Une zone de promenade qui fait découvrir bien de monuments, mais aussi des boutiques, des restaurants, des galeries … Comment ce boulevard a-t-il vu le jour et que peut-on découvrir sur tout son long ?

Un boulevard conçu par le baron Haussmann

Un boulevard conçu par le baron Haussmann

Paris doit de nombreux monuments au baron Haussmann et le boulevard Saint Germain en fait partie. C’est un projet qui lui tenait à cœur et auquel il a participé personnellement. La création de ce boulevard faisait partie des travaux de transformation de Paris, un projet qui a été dressé sous le Second Empire. Ce n’est toutefois que sous la IIIe République que les travaux furent achevés totalement.

Le boulevard a été baptisé ainsi pour rendre hommage à l’évêque Germain de Paris. Ce dernier a vécu dans cette zone au 6e siècle et y a fondé l’église Saint Germain des Prés.

Pour aménager le boulevard, de nombreuses rues et hôtels particuliers du site ont dû être détruits. Parmi les rues qu’il a avalées, on peut citer :

  • La rue des Noyers qui se situait dans l’ancien 12e arrondissement
  • La rue des Deux-Portes-Saint-André qui se trouvait dans le quartier de la Monnaie du 6e arrondissement
  • La partie ouest de la rue de l’Ecole-de-Médecine, une section autrefois connue sous le nom de « rue des Boucheries », car à l’époque, on y trouvait une vingtaine d’étals de boucherie. Cette rue se situait dans les quartiers de l’Odéon et de la Monnaie dans le 6e arrondissement
  • Une portion de la cour du Commerce-Saint-André. Cette voie publique se situait également dans le quartier de la Monnaie du 6e arrondissement
  • La rue d’Erfurth qui se situait dans l’ancien 10e arrondissement
  • La rue Childebert qui se situait dans le quartier de la Monnaie, dans sa partie rattachée à l’ancien 10e arrondissement
  • Une portion de la rue Gozlin, la partie non détruite de cette voie publique se situe toujours dans le 6e arrondissement
  • La rue Taranne : elle n’a pas été détruite, mais a été intégrée au boulevard lors du percement
  • La partie est de la rue Saint-Dominique : la portion qui a été détruite est celle qui commençait au niveau de la rue des Saints-Pères. La partie non-détruite est toujours en place dans le 7e arrondissement
  • La halle aux Veaux ou marché aux Veaux se situait dans l’actuel 5e arrondissement

Malgré une destruction d’envergure de rues et bâtiments, certaines maisons ont quand même été conservées puisque se trouvaient dans l’alignement du boulevard. C’est le cas des bâtiments situés sur le côté impair de la rue de l’Ecole-de-Médecine ainsi que ceux situés sur le côté pair, mais érigés entre la rue de Seine et la rue de Buci. Le côté impair de la rue Taranne et le côté pair de la rue Saint-Dominique ont également échappé à la destruction dans le cadre du percement du boulevard Saint Germain.

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Que voir le long du Boulevard Saint Germain ?

Que voir le long du Boulevard Saint Germain ?

Pour longer cette artère principale de la capitale, il faut se rendre dans le quartier Latin, sur la rive gauche de Paris. Le boulevard traverse trois arrondissements de la ville à savoir le 5e, le 6e et le 7e.

Il est long de 3 150 m et large de 30 m. Dans le 5e arrondissement, il part de la seine au niveau du quai Saint Bernard, longe le fleuve sur quelques mètres, s’en éloigne petit à petit et coupe le boulevard Saint-Michel, juste au niveau du musée du Cluny.

Il entre ensuite dans le 6e arrondissement, passe devant la faculté de Médecine de Paris VII, traverse le carrefour de l’Odéon au niveau duquel se dresse un monument à Danton signé par Auguste Paris. Ce monument se situe juste en face de la Cour du Marché Saint André. Le boulevard longe ensuite l’église Saint Germain des Prés puis le square Félix Desruelles. Il coupe la rue de Rennes et la rue Bonaparte puis traverse la place Saint Germains des Près.

A partir de là, il se rapproche à nouveau de la Seine et rentre dans le 7e arrondissement, au niveau du quai d’Orsay. Il passe non loin du Musée d’Orsay, coupe le boulevard Raspail et se termine finalement au pont de la Concorde, devant la Chambre des Députés.

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Longer cette artère de la ville permet donc de découvrir de nombreux hauts-lieux parisiens sans compter les restaurants et les boutiques chics établies le long de cette rue. Même s’il est assez long, la meilleure manière de le découvrir c’est de marcher. Vous pouvez étaler la visite sur plusieurs jours pour avoir le temps de visiter tous les établissements qui le bordent.

Avec le boulevard Saint-Michel, il est la principale artère du quartier Latin. Il se situe donc dans un quartier universitaire et c’est pour cela que pendant de nombreuses années, le boulevard Saint Germain était un haut lieu de la culture. Il abritait d’ailleurs un grand nombre de librairies et de maisons d’édition.

Aujourd’hui, il abrite plus de commerces que de lieux dédiés à l’art, mais on y trouve toujours le célèbre café de Flore, un des cafés littéraires les plus connus de la ville. C’est là que les poètes et gagnants du prix Goncourt avait l’habitude de se retrouver au cours du 20e siècle.

Quels bâtiments faut-il impérativement découvrir le long du boulevard Saint Germain ?

Quels bâtiments faut-il impérativement découvrir le long du boulevard Saint Germain ?

De nos jours, le boulevard Saint Germain abrite de nombreuses boutiques de modes, des cafés, des restaurants, mais aussi des hôtels particuliers et quelques établissements proposant diverses activités. Parmi ceux à ne pas rater, visitez ou admirez (quand le bâtiment n’est pas ouvert au public) le :

  • N°7 bis : à cette adresse on découvre un immeuble étroit qui a été construit sur le site de l’ancien mur de l’enceinte de Philippe Auguste.
  • N°57 : c’est le bâtiment de l’Ecole spéciale des travaux publics. Sur le site se trouvait autrefois quelques maisons dans l’une desquelles Alfred de Musset a vu le jour en 1810.
  • N°79 : ce bâtiment abritait autrefois la librairie Hachette. En 1994, elle a fait place à une banque. Lorsqu’il abritait encore la librairie, on pouvait voir sur un des murs, une plaque qui rappelait l’emplacement de l’hôtel d’Aligre, là où Charles Baudelaire est né en 1821.
  • N°90 : c’est là que l’architecte Charles Garnier est mort. Une plaque a été fixée sur l’un des murs pour lui rendre hommage.
  • N°99 : on y trouve le cinéma UGC Danton
  • N°104 : c’est le bâtiment ou le médecin Arnold Netter a vécu. Une place a également été installée pour lui rendre hommage.
  • N°108 : au cours du 19 et du 20e siècle, le Journal des économistes y avait son siège.
  • N°113 : il abrite le cinéma Mk2 Odéon
  • N°117 : cet immeuble a été construit par Charles Garnier et accueillait autrefois le Cercle de la librairie. Vers la fin du 19e siècle, le bâtiment a été prolongé et abrite actuellement l’école de journalisme et l’école urbaine de l’Institut d’études politiques de Paris.
  • N°120 : on peut toujours voir sur l’un des murs, une plaque qui rend hommage au docteur Pierre Simon.
  • N°123 : le bâtiment abrite la Librairie polonaise de Paris.
  • N°124 : on y trouve le cinéma UGC Odéon.
  • N°126 : on peut toujours y trouver la plaque qui rend hommage à l’écrivain Gilbert Cesbron qui y vécut entre 1946 et 1979.
  • N°133 à 135 : on peut lire une qui rappelle les massacres de septembre 1792.
  • N°136 : c’est là qu’a vécu la jeune femme, Yolande, qui a contribué à créer la fondation Schutzman-Zisman. Le nom fait référence à ceux de ses parents, des commerçants juifs qui ont acheté le bâtiment dans les années 30. Une plaque affichant le nom de la fondation est toujours fixée au-dessus de la porte de l’immeuble. Notez que cette fondation lutte contre la maladie de Parkinson, maladie qui a emporté le mari de Yolande. Cette dernière a eu le soutien de la fondation de France pour mener à bien ce projet dans lequel elle a investi tout son héritage. Le couple n’avait malheureusement pas eu d’enfants.
  • N°143 : c’est l’hôtel Madison. André Malraux y a séjourné brièvement en hiver 1937.
  • N°145 : il abrite aujourd’hui la brasserie Lipp. En 1965, le leader de l’opposition marocaine Mehdi Ben Barka y fut enlevé. Une plaque lui rendant hommage a été fixée sur le bâtiment. A proximité du bâtiment, on trouve un monument à Diderot par Jean Gautherin. Ce monument rappelle que Diderot à vécu là, à l’époque où on y trouvait encore la rue Taranne.
  • N°166 : il accueille aujourd’hui La Rhumerie, un bar om Antonin Artaud avait ses habitudes.
  • N°168 bis : on y trouve le square Félix-Desruelles qui abrite un monument à Bernard Palissy par Louis-Ernest Barrias.
  • N°172 : il accueille le fameux Café de Flore.
  • N°175 : on y trouve actuellement une boutique de Sonia Rykiel.
  • N°184 : il a été construit en 1878 pour la Société de géographie. On y trouve toujours la grande salle de réunions et le siège de l’IPAG Business School.
  • N°202 : c’est là qu’a vécu le poète Guillaume Apollinaire entre 1913 jusqu’à sa mort en 1918. Il était un habitué du Café de Flore. Une plaque lui rendant hommage y a été installée.
  • N°205 : on y trouve les bureaux de l’Organisation internationale du travail.
  • N°215 : cet hôtel particulier de style néo-Renaissance a vu se concrétiser la fondation de l’Alliance française en 1883. Diverses personnalités y ont participé telles que Jules vernes, Louis Pasteur, Paul Cambon … Une plaque rappelle d’ailleurs cet évènement. Le cercle Saint-Simon avait aussi eu l’habitude d’y organiser des conférences. Ont été membres de ce cercle Anatole France, Fustel de Coulanges, Ernest Renan, José Maria de Heredia, Ferdinand de Lesseps, Edmond James de Rothschild, Emile Boutmy … Depuis 2009, il est le siège du Collège des ingénieurs.
  • N°216 : il abrite l’ambassade du Monténégro en France.
  • N°217 : appartenant à la Banque de France, le bâtiment accueille la Maison de l’Amérique latine depuis 1946.
  • N°231 : une grande partie du bâtiment était occupé par le Ministère de la Défense avant que celui-ci ne déménage en 2015 pour l’Hexagone Balard. Lucien Bonaparte et le maréchal de Richelieu y ont vécu pendant un temps.
  • N°233 : il accueille des services rattachés à l’Assemblée nationale qui l’a acheté en 1981.
  • N°244 : il accueille certains services du Ministère des Affaires étrangères.
  • N°246 : il abrite le ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie.
  • N°288 : construit sous le Second Empire, ce bâtiment affiche le plus pur style haussmannien. Il abrite aujourd’hui le bureau d’information du Parlement européen en France et accueille la représentation en France de la Commission européenne.

Entre les visites, les restaurants, boutiques de mode et cafés du boulevard vous accueillent. Le Boulevard Saint Germain est une halte importante le temps d’un séjour à Paris. Il fait un bon départ de visite pour découvrir toute la ville. D’ailleurs, vous ne manquerez pas d’y passer et repasser au gré de vos visites.





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